Adresse Ip v4 : comment la trouver et l’identifier facilement ?

On branche un nouvel appareil sur le réseau local, on lance un diagnostic ou on configure un pare-feu, et la première question qui tombe est toujours la même : quelle est l’adresse IPv4 de cette machine ? Ce numéro à quatre octets reste le repère quotidien de quiconque administre un réseau ou cherche simplement à débloquer un accès.

Lire et décoder une adresse IPv4 sur le terrain

Avant de savoir où la trouver, encore faut-il comprendre ce qu’on lit. Une adresse IPv4 se présente sous la forme de quatre nombres séparés par des points, par exemple 192.168.1.45. Chaque nombre va de 0 à 255, ce qui correspond à un octet codé sur 8 bits, soit 32 bits au total.

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En pratique, la partie gauche de l’adresse identifie le réseau et la partie droite identifie l’appareil sur ce réseau. C’est le masque de sous-réseau (souvent 255.255.255.0 sur un réseau domestique) qui détermine la frontière entre les deux.

Quand on tombe sur 192.168.x.x ou 10.x.x.x, on est face à une adresse privée, celle qui circule uniquement à l’intérieur du réseau local. L’adresse publique, celle visible sur internet, est attribuée par le fournisseur d’accès au routeur. Un même foyer partage donc une seule IPv4 publique pour tous ses appareils.

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CGNAT et rareté IPv4 : pourquoi votre adresse publique n’est peut-être pas la vôtre seul

L’espace d’adressage IPv4 est saturé depuis plusieurs années. Les registres régionaux n’attribuent plus que des blocs résiduels. Pour continuer à connecter de nouveaux abonnés, de nombreux fournisseurs d’accès recourent au CGNAT (Carrier-Grade NAT) : plusieurs abonnés partagent la même adresse IPv4 publique.

Concrètement, quand on consulte un outil en ligne pour afficher son IP publique, l’adresse affichée peut être partagée avec d’autres foyers du même opérateur. Cela complique l’identification d’un utilisateur à partir de sa seule adresse IP, et cela rend aussi plus difficile l’ouverture de ports pour héberger un serveur ou un accès distant.

Technicienne réseau identifiant des adresses IP v4 sur une tablette dans une salle serveur

Depuis février 2024, AWS facture chaque adresse IPv4 publique 0,005 dollar par heure, qu’elle soit utilisée ou non. Ce signal tarifaire illustre la pression économique autour de la rareté de l’IPv4 et explique pourquoi les opérateurs grand public préfèrent mutualiser plutôt qu’attribuer une IP dédiée à chaque box.

Si on a besoin d’une IPv4 publique dédiée (pour de l’auto-hébergement, du VPN site-à-site ou un serveur de jeu), il faut vérifier auprès de son FAI s’il propose cette option. Chez certains opérateurs, les retours varient sur ce point : l’option est parfois gratuite sur demande, parfois payante, parfois indisponible.

Trouver son adresse IPv4 sous Windows, macOS et Linux

La méthode dépend de ce qu’on cherche : adresse privée (locale) ou adresse publique (internet).

Adresse IPv4 privée sur le réseau local

  • Windows : ouvrir l’invite de commandes (cmd) et taper ipconfig. L’adresse IPv4 apparaît sous la carte réseau active, à côté de « Adresse IPv4 ».
  • macOS : ouvrir le Terminal et taper ifconfig en0 (Wi-Fi) ou ifconfig en1 (Ethernet). La ligne « inet » donne l’adresse.
  • Linux : dans un terminal, la commande ip addr show affiche l’adresse IPv4 de chaque interface. On peut aussi utiliser hostname -I pour un résultat plus direct.

Sur smartphone, l’adresse privée se trouve dans les paramètres Wi-Fi, en appuyant sur le réseau connecté. Android et iOS affichent l’IPv4 dans les détails de la connexion.

Adresse IPv4 publique visible sur internet

Pour l’adresse publique, le plus rapide reste un site dédié. On ouvre un navigateur et on se rend sur un service comme mon-ip.com ou ipme.co. L’adresse affichée est celle que les serveurs web voient quand on navigue.

On peut aussi passer par le terminal : sous Linux ou macOS, la commande curl ifconfig.me renvoie l’IP publique en une ligne. Sous Windows avec PowerShell, Invoke-RestMethod ifconfig.me fait la même chose.

Identifier une adresse IPv4 inconnue : géolocalisation et limites

Quand on reçoit une adresse IP dans un log serveur ou un en-tête d’email, on veut souvent savoir d’où elle vient. Les outils de géolocalisation IP (geolocation.com, par exemple) associent une adresse à un pays, une région, un fournisseur d’accès et un numéro de système autonome (ASN).

Écran d'ordinateur affichant une adresse IP v4 via la commande ipconfig avec un clavier mécanique

La précision s’arrête généralement au niveau de la ville, et encore, pas toujours la bonne. La géolocalisation IP ne donne jamais une adresse postale ni un nom de personne. Elle indique où se situe le noeud réseau de l’opérateur, pas le domicile de l’utilisateur.

En présence de CGNAT ou d’un VPN, la localisation affichée correspond au serveur intermédiaire, pas à l’appareil réel. Avant de tirer des conclusions d’une IP repérée dans des logs, il faut garder ce biais en tête.

Adresse IPv4 et protection des données : ce que dit la réglementation française

La CNIL considère l’adresse IP comme une donnée personnelle. Toute collecte, tout stockage ou tout traitement d’adresses IP est soumis au RGPD.

Pour les outils de mesure d’audience, la CNIL exige l’absence de transfert de l’adresse IP vers les serveurs de l’outil si celui-ci veut bénéficier de l’exemption de consentement. C’est un point concret qui impacte le choix d’un outil analytics pour un site web.

Par ailleurs, la loi SREN n°2024-449 du 21 mai 2024 renforce les obligations de coopération des hébergeurs et plateformes avec les autorités. L’ARCOM peut ordonner le blocage de services via les fournisseurs d’accès, un mécanisme qui s’appuie opérationnellement sur des listes d’URL et d’adresses IP. Pour un administrateur réseau ou un responsable de site, cette loi signifie qu’une IP peut être bloquée par décision administrative, sans passer par un juge dans certains cas.

La distinction entre adresse IP publique et privée prend ici tout son sens : seule l’adresse publique est visible de l’extérieur et potentiellement concernée par ces dispositifs de blocage ou de traçabilité. L’adresse privée reste cantonnée au réseau local et n’a aucune valeur d’identification sur internet.

L’IPv4 reste le protocole dominant pour la majorité des connexions en France, même si la transition vers l’IPv6 progresse. Savoir retrouver et lire une adresse IPv4 sur chaque système d’exploitation, comprendre les limites du CGNAT et mesurer ce qu’un tiers peut réellement déduire de votre IP publique, ce sont trois compétences qui évitent beaucoup de malentendus, que l’on gère un serveur, un réseau domestique ou simplement sa propre confidentialité en ligne.

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